Depuis le 10 mars 2025, le Togo a lancé avec succès la phase pilote de l’interconnexion des systèmes d’informations douanières, en collaboration avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ce projet novateur relie, pour le moment, le Togo et le Mali via le corridor Lomé-Bamako, avec l’objectif de simplifier et sécuriser le commerce transfrontalier tout en renforçant l’efficacité des procédures douanières. Cette interconnexion vise à faciliter les échanges commerciaux entre les pays de l’AES, en permettant un suivi électronique des marchandises en transit.
En échangeant des données en temps réel, ce système réduit les risques de fraude, accélère le passage des biens à travers les frontières et minimise les coûts associés au transit. Ce projet vient renforcer l’engagement du Togo à offrir un environnement plus compétitif et transparent pour les opérateurs économiques, en mettant la technologie au service de l’efficacité douanière. Un responsable de l’Office Togolais des Recettes (OTR) a souligné que « Ce projet représente une avancée décisive dans la gestion du commerce transfrontalier, en garantissant des échanges plus sécurisés et une meilleure transparence. Il constitue également un levier pour dynamiser l’économie régionale. »

Lomé, une plateforme logistique stratégique pour la région
Le port de Lomé, reconnu comme l’un des plus performants de l’Afrique de l’Ouest, occupe une place stratégique dans ce processus. En intégrant des solutions technologiques avancées pour le suivi des marchandises, le Togo vise à renforcer son rôle de carrefour commercial entre les pays côtiers et sahéliens. Avec cette nouvelle interconnexion, Lomé devient encore plus central dans le commerce entre le Mali et les autres États de la région. Les échanges commerciaux entre le Togo et le Mali ont dépassé les 85 milliards FCFA en 2020, plaçant le Togo comme l’un des principaux fournisseurs du Mali au sein de l’UEMOA. Cela renforce le rôle de Lomé comme port clé pour les pays sahéliens, facilitant l’accès au marché international.
Si la phase pilote concerne pour l’instant le corridor Lomé-Bamako, le gouvernement togolais prévoit d’étendre progressivement ce système à d’autres corridors commerciaux dans les mois à venir. L’objectif à long terme est d’élargir cette interconnexion à tous les pays de l’AES, et au-delà, afin de renforcer l’intégration régionale et de promouvoir un environnement économique plus harmonisé.
Les autorités espèrent que ce projet deviendra un modèle pour d’autres pays d’Afrique de l’Ouest désireux de dynamiser leurs échanges commerciaux et de stimuler la croissance économique. D’ici là, les retours d’expérience de cette phase initiale permettront d’ajuster le système pour en maximiser l’efficacité. « Cette initiative est essentielle pour simplifier le transit des marchandises, renforcer la collecte des recettes fiscales et encourager une plus grande coopération économique entre nos pays », a déclaré Adama ILBOUDO, Directeur général des douanes du Burkina Faso.
Une nouvelle ère pour l’intégration économique régionale
L’interconnexion des systèmes douaniers entre le Togo et les pays de l’AES marque une étape importante vers une meilleure intégration économique au sein de la sous-région. Ce projet témoigne de l’engagement du gouvernement togolais à moderniser les infrastructures commerciales et à offrir un cadre sécurisé pour les échanges transfrontaliers. À terme, cette initiative pourrait bien devenir un modèle pour toute l’Afrique de l’Ouest, contribuant ainsi à l’essor du commerce intra-africain et à la prospérité économique de la région.



















