
Le Togo a engagé, depuis le 1er septembre, une offensive de grande envergure contre le paludisme. Le pays vient d’intégrer le vaccin R21/Matrix-M à son programme de vaccination systématique, une décision qui pourrait changer le visage de la santé publique pour toute une génération d’enfants. Avec cette initiative, le Togo devient le 22ᵉ pays du continent à adopter cet outil préventif, emboîtant le pas à ses voisins ghanéens, béninois et nigérians. La lutte est d’une urgente nécessité. Le paludisme demeure un fléau sanitaire et économique dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Selon le ministère de la Santé, il représente encore 40 % des consultations externes et un quart des admissions à l’hôpital. Les enfants de moins de cinq ans paient le plus lourd tribut : en 2022, ils concentraient 64 % des cas confirmés et 65 % de la mortalité hospitalière liée à cette maladie.
Cible prioritaire de cette campagne, près de 269 000 enfants par an sont concernés par ce nouveau dispositif vaccinal. Le calendrier prévoit l’administration de quatre doses entre l’âge de 5 et 15 mois. L’ambition des autorités est de couvrir l’intégralité des 39 districts sanitaires du pays, avec un objectif de couverture vaccinale de 80 % pour la première dose et 70 % pour la dernière. Derrière ce déploiement se tient une alliance stratégique regroupant le gouvernement togolais, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’UNICEF et Gavi, l’Alliance du Vaccin. Leur ambition affichée est sans équivoque : réduire de 65 % la morbidité et la mortalité infantiles dues au paludisme d’ici à 2030.
Mais le chemin reste semé d’embûches. Le succès de cette campagne reposera sur la capacité à convaincre les parents, à contrer la désinformation et à pérenniser le financement de cette opération vitale. La course contre la montre est lancée. Et pour des milliers d’enfants, l’espoir, désormais, a un calendrier.


















