
Le Fonds national de la finance inclusive s’impose un peu plus chaque année comme un acteur central de l’économie togolaise. En onze ans, il a changé bien de vies en s’imposant comme « un instrument majeur de la politique nationale d’inclusion financière ». Selon la communication présentée hier mercredi en Conseil des ministres par la ministre du Développement à la base et de l’économie sociale et solidaire, les chiffres parlent d’eux-mêmes. De 2014 à 2025, ce sont plus de 1,94 million de crédits qui ont été octroyés à travers les systèmes financiers décentralisés et les établissements bancaires, pour un montant global de 117,7 milliards de FCFA. Le taux de remboursement, qui s’établit à 94,98 %, témoigne de la bonne santé de l’institution et de la confiance que lui accordent les bénéficiaires. « Le FNFI a couvert, sur la période, 72,6 % des localités du pays et touché plus de 1,12 million de personnes, dont 65% de femmes », a indiqué le communiqué. Un ancrage territorial qui correspond à la mission première du fonds : lutter contre l’exclusion financière par le bas.

L’année 2025 a confirmé cette dynamique. Selon les données présentées aux membres du gouvernement, 34 006 crédits ont été décaissés, pour un montant total de 4,12 milliards de FCFA. La région des Savanes concentre à elle seule 42,2 % de ces financements, avec 14 360 prêts accordés. Une priorité assumée par l’exécutif, qui voit dans ce ciblage un levier de développement pour une zone souvent confrontée à des défis sécuritaires et économiques. Sur le plan financier, le FNFI a généré 931,92 millions de FCFA de revenus en 2025, tandis que sa trésorerie atteignait 19,428 milliards de FCFA à fin décembre. Des indicateurs solides, mais qui ne masquent pas entièrement les fragilités structurelles. Le Conseil des ministres a ainsi relevé un encours de 4,106 milliards de FCFA de créances non remboursées par certains prestataires de services financiers, un chiffre arrêté au 31 décembre 2024. Face à cette situation, des mesures de recouvrement renforcées ont été engagées, permettant de récupérer 263,52 millions de FCFA en 2025.
Pour l’année 2026, le gouvernement a fixé des priorités claires. «Le renforcement de l’éducation financière des bénéficiaires, la digitalisation accrue des services, l’activation des mécanismes de garantie et la finalisation d’une étude diagnostique figurent parmi les chantiers à venir. L’objectif, selon la communication faite en Conseil, est d’optimiser l’impact social des interventions du FNFI et de consolider un outil devenu indispensable à la politique nationale d’inclusion financière.














