
Ils sont des milliers, éparpillés dans des réserves de musées européens, américains ou ailleurs. Des artéfacts (objets d’art, objets culturels et religieux), des archives (documentaires, sonores, photographiques et cinématographique) et des restes humains et animaux. Huit milles objets, au total. Certains sont sacrés, d’autres simplement quotidiens. Tous portent une part de l’histoire togolaise, et leur absence soulève des questions éthiques et mémorielles particulièrement sensibles. Face à ce constat et dans le souci de valorisation du patrimoine culturel, l’Etat togolais passe à l’action. Hier mercredi, réuni en Conseil des ministres, le gouvernement a décidé d’entamer les démarches pour leur retour. Une communication en ce sens a été présentée par le ministre du tourisme, de la culture et des arts. Il a été ainsi décidé de la mise en place d’un comité national pour la restitution des biens culturels.
Ce comité national aura pour « mission de coordonner et d’encadrer l’ensemble du processus de restitution ». Il devra identifier avec précision les biens concernés, engager les démarches diplomatiques nécessaires auprès des États et institutions détentrices, et encadrer les conditions du rapatriement. Mais au-delà de la dimension technique, c’est bien une ambition politique qui est affirmée : celle de reconstituer un patrimoine dispersé et de permettre aux Togolais de se réapproprier des fragments de leur histoire longtemps restés hors de portée. Le Conseil des ministres a rappelé, dans ses échanges, que la question de la restitution des biens culturels africains est devenue, ces dernières années, un enjeu majeur pour la préservation de la mémoire collective et la valorisation des identités nationales. Le Togo s’inscrit désormais dans cette dynamique internationale qui reconnaît la nécessité de rendre aux peuples africains les objets et archives témoignant de leur histoire.
Le gouvernement n’a pas encore précisé le calendrier des opérations ni les modalités pratiques de conservation ou d’exposition des biens une fois revenus au pays. La mise en place du comité devrait permettre, dans les mois à venir, d’avancer sur ces questions délicates. Une certitude, selon la communication faite en Conseil des ministres : le processus est engagé, et il entend aboutir.

















