
Le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a nommé, par décret, Stanislas Baba au poste de ministre et secrétaire général du gouvernement. L’annonce, lue hier mercredi 3 septembre sur les ondes de la Télévision Togolaise (TVT), marque l’une des premières décisions exécutives majeures depuis l’avènement de la Ve République il y a quatre mois. Cette nomination est hautement symbolique, puisqu’elle concerne la cheville ouvrière du tout premier gouvernement de cette nouvelle ère parlementaire. Le poste de secrétaire général du gouvernement est stratégique, central dans la coordination de l’action ministérielle et le suivi de l’agenda législatif, faisant de son titulaire un personnage clé de l’administration Gnassingbé.
L’arrivée de Stanislas Baba à cette fonction met fin à une attente de plusieurs mois au sein de l’opinion publique togolaise, impatiente de voir se concrétiser le nouvel exécutif promis par les récentes réformes constitutionnelles. Elle est largement interprétée comme le signe annonciateur et le prélude indispensable à la formation imminente de l’ensemble de l’équipe gouvernementale. Ancien ministre de l’Education nationale, de la Recherche scientifique chargé de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle au lendemain de la conférence nationale de 1992, Stanislas Baba n’est en effet pas un inconnu sur la scène politique nationale. Jusqu’à cette nomination, il occupait le poste de conseiller en sécurité maritime à la présidence de la République. Il est surtout reconnu comme un spécialiste des questions de gouvernance et de développement.
Son expertise est illustrée par son rôle passé de coordonnateur national du Millennium Challenge Account-Togo (MCA-Togo), un programme phare de coopération avec les États-Unis. Ce projet, qui visait à stimuler la croissance économique, avait pris fin avec la fermeture du Millennium Challenge Corporation (MCC) par l’administration de Donald Trump, un dossier complexe que M. Baba a dû gérer.
La désignation de cet homme de dossiers aguerri est perçue par les observateurs comme un signal fort envoyé par Faure Gnassingbé. Elle suggère une volonté de privilégier la compétence technique et la continuité de l’action de l’État dans la mise en œuvre du projet politique et économique du pays, plutôt qu’un renouvellement complet de la classe dirigeante. Dans les coulisses du pouvoir, les tractations se poursuivent désormais pour composer la liste des ministres qui devront relever des défis de taille : la relance économique, la consolidation de l’unité nationale et l’apaisement du climat sociopolitique.













