
C’est « une véritable coalition contre la pauvreté que nous sommes en train de mettre en place avec le Fonds National de la Finance Inclusive (FNFI) ». Faure GNASSINGBÉ en faisait un acte d’engagement le 25 janvier 2014 à Kara. Son objectif, avait-il déclaré, était « d’autonomiser les couches défavorisées » afin d’en faire des acteurs réels du développement et de l’économie du pays. Dans un système financier national où les garanties souvent exigées par les banques et les institutions de microfinance, sont au-dessus des moyens des plus pauvres, le pari du FNFI est de leur octroyer des crédits à un taux presque nul pour financer les activités génératrices de revenus. Dix (10) ans après, les fruits ont tenu la promesse des fleurs avec un succès fulgurant. C’est ce que révèle la fiche de performances publiée le 5 janvier dernier.
En une décennie de mise en œuvre, le Fonds National de la Finance Inclusive (FNFI) a permis d’octroyer 109,83 milliards FCFA.
De sa mise en place à ce jour, l’institution financière a permis à plus de 1.800.000 personnes issues essentiellement du secteur informel d’accéder à des prêts et crédits afin de financer des idées d’entreprise ou des activités génératrices de revenus à travers treize (13) produits, notamment Accès des Pauvres aux Services Financiers (APSEF), Accès des Agriculteurs aux Services Financiers (AGRISEF) et Accès des Jeunes aux Services Financiers (AJSEF).
Destiné à soutenir et à encourager les activités génératrices de revenus (petit commerce, agriculture, artisanat etc…), APSEF a permis de financer avec 38 milliards de FCFA, soit 34% du crédit total. Par ailleurs grâce à AGRISEF, les petits exploitants agricoles ont bénéficié de 35 milliards de FCFA, représentant ainsi 32% des fonds alloués.
Quant aux jeunes artisans et apprenants en fin de formation, ils ont reçu des financements évalués à 16 milliards FCFA sous le couvert du produit AJSEF. Les 20 milliards FCFA restants, selon la fiche consultée, ont été alors octroyés à travers dix (10) autres produits (PAF, PAIFFV, PAS-AGRISEF, PAS-APSEF, PNPER, PS, KIFFE, NKODEDE, REF-PSF, RELANCE) afin d’atteindre plus de bénéficiaires.
En outre, l’intégralité du financement a été effectuée grâce à un partenariat entre le FNFI et un ensemble de 21 Prestataires de services financiers (PSF) décentralisés. Ce qui a sans doute facilité le remboursement. Ces différents bénéficiaires ont effectué des remboursements à hauteur de 93,5%.
Ces chiffres montrent les mérites d’un programme très populaire auprès des couches défavorisées de la population togolaise.
Pour 2024 par exemple, selon la loi des finances, le FNFI a mis en place un fonds de plus de 15 milliards de FCFA dont l’optimisation permet d’assurer son fonctionnement. Aussi, le bon taux de remboursement des crédits, couplé des ressources d’autonomisation permettent de couvrir les besoins de la population en produits et services financiers grâce au mécanisme de revolving (recyclage des remboursements en crédits). Par conséquent le FNFI peut autofinancer ses activités et aucune dotation supplémentaire de l’Etat n’est envisagée pour le compte de l’année 2024.
















