
Les priorités, autant que les inquiétudes sont diverses. Et elles émanent des quatre coins du monde, notamment du continent confronté à la fois à des crises sécuritaires immédiates et des préoccupations économiques. Dans ce contexte géopolitique complexe et face aux urgences, Faure Gnassingbé opte pour un agenda international tourné vers la paix, la sécurité et le développement renforcé par l’idée d’une souveraineté africaine. Deux mois déjà que le dirigeant togolais renouvelle une diplomatie tous azimuts qui positionne le Togo en partenaire incontournable. Sur invitation de son homologue angolais, Joao Manuel Gonçalves, Président en exercice de l’Union africaine, il est depuis hier mardi 28 octobre au 3e Sommet sur le financement des infrastructures. À Luanda, Faure Gnassingbé participe activement aux travaux placés sous le thème « Capitaux, corridors, commerce : investir dans les infrastructures pour la ZLECAf et la prospérité partagée ». Ce rendez-vous de haut niveau vise à engager des « réflexions sur les mécanismes de promotion du financement des infrastructures sur l’ensemble du continent, ainsi qu’à la mise en œuvre efficace de la ZLECAf ». Il s’agit à l’horizon 2040 de mobiliser 100 milliards de dollars, soit 1300 milliards de Fcfa par an pour la mise en œuvre du Plan directeur continental pour les systèmes électriques. Ce qui s’inscrit bien évidemment dans la vision stratégique de faire du Togo un hub logistique régional. Sa présence donc aux côtés des leaders africains, d’investisseurs et des institutions financières internationales démontre la cohérence de son engagement pour le développement économique du continent.

Médiateur clé des crises régionales
Début août 2025, le dirigeant togolais participait ainsi à la 9ème Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique (TICAD9) aux côtés de son homologue japonais Shigeru Ishiba et de plusieurs autres Chefs d’Etats africains. Une présence qui tranche avec les critiques émises depuis juin dernier par l’opposition, la société civile et des mouvements politiques de la diaspora dont le M66. Elle trouve d’ailleurs son expression la plus tangible dans l’organisation, les 30 et 31 octobre à Paris, d’une conférence internationale sur la paix dans la région des Grands Lacs. Alors que les tensions persistent entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, cette initiative co-organisée par la France et le Togo entend mobiliser la communauté internationale pour répondre à l’urgence humanitaire et favoriser le dialogue entre les parties en conflit. De Lunda, Faure Gnassingbé mettra le cap sur Paris. Avec le soutien des États-Unis, du Qatar et de l’Union africaine, ce rendez-vous consacre surtout la reconnaissance de l’expertise togolaise dans la médiation. Cette diplomatie active s’appuie sur une vision structurée, récemment exposée lors de la deuxième édition du Lomé Peace and Security Forum (LPSF). Faure Gnassingbé y a défendu une approche africaine autonome de la sécurité, articulée autour de trois piliers : la prévention des conflits, l’action collective et le dialogue inclusif. « La sécurité n’est pas qu’une affaire d’armes et de budgets. C’est aussi une affaire d’éducation, de santé, d’emploi et de gouvernance », a-t-il insisté devant un parterre de dirigeants et d’experts internationaux.

Au-delà des polémiques, une réalité géopolitique
Face donc aux critiques surtout de certaines franges de la diaspora qui comptent sur les partenaires bilatéraux du Togo, l’agenda international chargé du Président du Conseil répond par les faits : le Togo s’est imposé comme un faiseur de paix et un partenaire fiable sur le chemin du progrès. De la participation au Processus d’Aqaba à Rome à sa rencontre avec sa Majesté le Roi Abdallah II de Jordanie en passant par son rôle actif d’interface entre les juntes militaires et les organismes régionaux, Faure Gnassingbé construit patiemment une diplomatie d’influence qui dépasse largement le cadre des débats politiques internes. Alors que le continent africain fait face à des défis sécuritaires et économiques majeurs, le leadership togolais continue de s’affirmer, offrant au pays une visibilité internationale qui contraste avec sa taille géographique. Une réalité que les chancelleries étrangères et les institutions internationales reconnaissent, au-delà des clivages politiques.














