
Une nouvelle ambassadrice égyptienne est arrivée à Lomé.
Shahinaz Abuseri a présenté en fin de semaine dernière les copies figurées de ses lettres de créance au ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey. Sa mission s’ouvre officiellement. Elle succède à Ahmed Mohamed Eid Moustapha.
Son mandat est clair : renforcer la coopération entre Le Caire et Lomé, avec un accent sur l’économie, les investissements, le commerce et la diplomatie. Un agenda dense, mais logique. Les relations entre les deux pays sont anciennes et se sont diversifiées au fil des décennies. Politique, défense, agriculture, éducation : les domaines de coopération ne manquent pas.
Un cadre juridique déjà en place
Les deux capitales disposent d’un socle d’accords couvrant plusieurs secteurs : énergie, urbanisme, habitat, assainissement, culture. Un héritage utile pour la nouvelle ambassadrice, qui n’arrive pas en terrain vierge. Mais le plus gros dossier reste économique. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, le Togo a importé d’Égypte pour 30,29 millions de dollars de marchandises, selon les données ONU/UN Comtrade.
Produits minéraux et matériaux de construction (13,39 millions), sucres et produits sucrés (5,43 millions), combustibles et produits pétroliers (3,34 millions), auxquels s’ajoutent produits chimiques et colorants.Dans l’autre sens, les exportations togolaises vers l’Égypte atteignent à peine 302 240 dollars. L’essentiel : des véhicules et équipements assimilés pour près de 297 800 dollars, et quelques meubles pour environ 4 450 dollars. L’asymétrie est frappante.
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Pour Lomé, l’enjeu est double : développer les exportations vers Le Caire et attirer les investissements égyptiens. Deux leviers pour rééquilibrer progressivement une relation commerciale aujourd’hui à sens unique. Et le terrain n’est pas totalement vierge. En novembre 2024, l’ancien ambassadeur Ahmed Mohamed Eid Moustapha avait fait part de l’intérêt d’entreprises égyptiennes pour le marché togolais.
Trois secteurs ciblés : l’agroalimentaire, les infrastructures, le textile. Des pistes concrètes, qui pourraient se transformer en projets sous la nouvelle ambassadrice. Le Togo, de son côté, a un atout à faire valoir : sa position de hub logistique ouest-africain, avec le port de Lomé comme porte d’entrée.



