
La police sud-africaine a confirmé l’arrestation à Pretoria du militant panafricaniste et pro-russe Kemi Seba, visé par un mandat d’arrêt international émis par les autorités béninoises pour « incitation à la rébellion ». L’homme de 45 ans, de nationalité béninoise, a été interpellé dans un centre commercial de la capitale sud-africaine en compagnie de son fils de 18 ans et d’un ressortissant sud-africain. Une procédure d’extradition a été engagée. Le Bénin avait lancé ce mandat d’arrêt en décembre 2025, après que Kemi Seba eut publiquement apporté son soutien à une tentative de coup d’État déjouée dans le pays. Depuis cet épisode, le militant se faisait très discret, limitant considérablement sa présence sur les réseaux sociaux et vivant principalement dans la clandestinité. Il n’a pas pu être joint pour réagir à son arrestation.
Dans son communiqué, la police sud-africaine précise que « les enquêtes préliminaires ont révélé que le père est un fugitif recherché en France et au Bénin pour des activités criminelles liées à des crimes contre l’État ». Né Stellio Gilles Robert Capo Chichi en France de parents béninois, Kemi Seba s’est vu retirer sa nationalité française. Il s’est fait connaître comme l’un des pourfendeurs les plus virulents de l’influence politique, économique et militaire française en Afrique de l’Ouest, adoptant dans le même temps une posture résolument pro-russe, présentant Moscou comme un contrepoids à l’Occident dans la région du Sahel. Cette proximité avec la Russie lui a valu d’être nommé conseiller auprès d’Abdourahamane Tchiani, le chef du régime militaire nigérien, après que Niamey eut expulsé les forces françaises et occidentales de son sol pour approfondir ses liens sécuritaires avec Moscou.
Selon les forces de l’ordre sud-africaines, Kemi Seba et son fils étaient assistés par le ressortissant sud-africain arrêté avec eux. Ce dernier aurait perçu environ 250 000 rands (soit près de 10 millions de FCFA) pour les aider à franchir clandestinement le fleuve Limpopo en direction du Zimbabwe, avec l’intention de rejoindre ensuite l’Europe. Des téléphones portables et une somme d’environ 318 000 rands en espèces ont été saisis lors de l’opération. Les trois individus ont été placés en détention provisoire jusqu’au 20 avril, date à laquelle leur situation sera réexaminée par la justice sud-africaine et plus principalement pour une extradition ou non de Kemi Seba vers le Bénin. Des sources à Cotonou confirment pour l’instant le déplacement vers Pretoria d’une équipe d’enquêteurs béninois dans ce sens.



