
L’Institut National de la Statistique (INSEED) a publié en début de semaine les données de l’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation (IHPC) pour le mois de juin 2026. Si l’inflation sur un an reste parfaitement maîtrisée à 0,1 %, les chiffres du mois écoulé révèlent des tensions sous-jacentes, notamment sur les produits frais et l’énergie, qui pèsent sur le budget des ménages.
Selon le rapport, l’indice global s’établit à 106,2 en juin, contre 105,0 en mai, soit une hausse mensuelle de 1,2 %. Sur un an, la progression est quasi nulle, confirmant une tendance à la désinflation engagée depuis fin 2024. L’inflation sous-jacente, calculée sur la moyenne des douze derniers mois, se maintient à 0,1 % pour le cinquième mois consécutif, très en dessous du seuil de 3 % fixé par l’UEMOA.
Inflation et indice des prix : Comprendre les chiffres et la différence.
Cette photographie annuelle lisse toutefois des réalités plus complexes. La hausse des prix du logement (+5,2 %) et des transports (+4,0 %) est compensée par le recul des produits alimentaires (-2,8 %) et de l’information-communication (-3,4 %). Mais le principal enseignement du mois de juin réside dans la forte poussée des prix des produits alimentaires frais. Le rapport pointe une envolée de 5,4 % sur le trimestre, liée à des tensions saisonnières. L’igname a grimpé de 19,9 %, les tomates locales de plus de 30 % selon les variétés, le piment vert de 49,9 %. Les produits de la pêche ne sont pas épargnés : le « Doèvi séché » (anchois) a augmenté de 18 %.
Les carburants ont également pesé. L’essence super a progressé de 5,5 % et le gasoil de 6,5 % en un mois, une hausse attribuée à la réduction de 40 % de l’enveloppe de subvention pétrolière prévue par la loi de finances 2026, dans le cadre des engagements du Togo vis-à-vis du FMI. Les coûts de transport ont mécaniquement suivi (+2,1 %).
Des disparités régionales marquées
Les prix moyens varient fortement selon les régions. Le kilogramme d’igname oscille entre 380 FCFA dans les Savanes et 762 FCFA dans les Plateaux-Ouest. Le riz importé peut coûter jusqu’à 614 FCFA dans le Grand Lomé, contre 431 FCFA dans les Savanes.
Malgré ces variations mensuelles, le Togo se distingue dans l’espace UEMOA. Le taux d’inflation annuel du pays est inférieur à celui de la Côte d’Ivoire (+1,6 %) et du Sénégal (+1,3 %), et plus stable que celui du Mali (+1,3 %) ou du Niger (-4,8 %), qui subit de fortes fluctuations. Pour les ménages togolais, l’impact cumulé de ces hausses sur les denrées de première nécessité reste un signal d’alerte sur la préservation du pouvoir d’achat.



