
Le Togo compte doubler ses recettes fiscales d’ici cinq ans. L’État vise 2 109 milliards FCFA d’ici 2031, contre 1 043,7 milliards attendus en 2026. Cet objectif figure au cœur de la Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (SRMT) 2027-2031. Le document a été présenté au secteur privé hier mardi 6 octobre à Lomé, lors de la deuxième réunion technique de concertation entre l’État et les entreprises.
Selon les autorités, les marges de progression restent importantes. En 2025, la pression fiscale togolaise s’établissait à 13,1 % du PIB, bien en dessous de la norme communautaire fixée à 20 %. « Il y a un écart important entre la pression fiscale actuelle, la norme communautaire et le potentiel du pays », a expliqué Kpowbié Tchasso Stéphane Akaya, secrétaire général du ministère des Finances et du Budget. Ce constat justifie l’orientation retenue par les autorités.
Lire aussi : Le Togo accède désormais au statut de « pays à revenu intermédiaire » (Banque Mondiale)
Trois leviers principaux doivent soutenir la trajectoire. L’élargissement de l’assiette figure en tête. La digitalisation du recouvrement et la rationalisation des dépenses fiscales complètent le dispositif. La stratégie vise à accroître les ressources intérieures tout en préservant la compétitivité du secteur privé. Le gouvernement assure qu’il s’agit de mieux mobiliser, et non de surtaxer les contribuables.
La réforme s’appuiera sur davantage d’outils numériques. La facture électronique certifiée, introduite par la loi de finances 2026, doit améliorer la traçabilité des transactions et le contrôle de la TVA. L’Office togolais des recettes (OTR) a également engagé la digitalisation de certaines obligations fiscales. En septembre 2026, l’administration a lancé e-TPU, une plateforme permettant aux contribuables concernés de déclarer et payer la taxe professionnelle unique en ligne.
Prévisibilité et sécurité juridique
La dynamique est depuis lors engagée. À fin juin 2026, l’OTR avait mobilisé 507,82 milliards FCFA, en hausse de 14,3 % sur un an. Ce montant représentait 46,3 % de l’objectif annuel de 1 338,9 milliards FCFA. La trajectoire reste donc à confirmer sur le second semestre. Les prochains mois diront si le rythme de collecte se maintient.
Pour le secteur privé, l’enjeu porte aussi sur la prévisibilité. Le président du Conseil national du patronat, Laurent Coami Tamegnon, a salué la création de la Commission administrative de recours et de la Commission administrative de règlement des litiges douaniers. Ces mécanismes doivent renforcer la sécurité juridique des entreprises, alors que l’État cherche à élargir la base fiscale. Faut-il le préciser, la mise en œuvre de la SRMT sera suivie par un comité dédié. Des évaluations sont prévues en 2029 et 2031.



