« Est-ce que ça ne vous manque pas finalement d’enseigner et d’écrire au profit de la recherche et d’enseigner et encadrer les étudiants ? Est-ce que vous n’étiez pas plus utile à cet endroit là ? ».
La réponse du ministre Dodzi Komla Kokoroko, aux Vacances de Noël 2020 résonne toujours en échos en 2025 : « Quelle violence analytique au sens des faiseurs de système qui dissocient naïvement et perfidement l’université de la politique. Je me sens bien dans mon biotope politique et universitaire…».
Le nouveau gouvernement togolais, dévoilé mercredi dernier, actualise le débat, interroge et suscite toujours des réactions, tant pour son architecture resserrée que pour la logique des nominations. C’est dans cette perspective que la nomination du Professeur Dodzi Komla Kokoroko au poste de ministre de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique prend toute sa signification et mérite une clé explicative selon le temps…
Avant cette nomination et les nouveaux défis qu’elle impose, le Prof Dodzi Kokoroko a marqué de son empreinte le ministère des Enseignements primaire, secondaire, technique et de l’Artisanat à partir de septembre 2020. Son passage a été jalonné d’avancées significatives sous le leadership du Président du Conseil Faure Gnassingbé : construction et réhabilitation de salles de classe, recrutement d’enseignants, équipement des ets scolaires, promotion de la formation professionnelle et digitalisation des services éducatifs, reformes pédagogiques ambitieuses, etc. Ces réformes structurantes, couplées celles engagées à l’université de Lomé en ruines à une époque, ont conforté certainement la décision de lui confier un portefeuille ministériel élargi et stratégique, au moment où le Togo renforce son engagement contre les effets du changement climatique.
Héritage et perspectives : une feuille de route exigeante
Le département que dirige désormais le Prof Dodzi Kokoroko est le fruit d’une fusion inédite, reflétant une approche holistique pour répondre à des enjeux inextricablement liés. Le Togo fait face à une vulnérabilité climatique accrue, avec un littoral rongé par l’érosion. Lors de sa prise de fonction, le ministre a immédiatement fixé le cap : capitaliser sur le travail accompli par ses prédécesseurs, miser sur la performance et placer la mission du ministère sous le signe d’un « devoir moral et républicain » envers les générations présentes et futures.
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Il hérite ainsi d’une dynamique positive, avec des projets structurants comme un programme national de reboisement et l’ambition d’atteindre 50 % d’énergie verte d’ici 2030. Reconnu pour sa rigueur et sa culture de l’excellence, le Prof Dodzi Kokoroko incarne un profil de manager public alliant expertise académique, expérience administrative et vision stratégique. Sa nomination à la tête de ce ministère apparaît comme un signal fort, témoignant d’une volonté de placer les compétences et l’action concertée au cœur de la réponse aux défis les plus pressants. Gageons que les réformes auront bel et bien lieu et que les Togolais sauront dire demain félicitations au Président du Conseil pour un choix qui interroge aujourd’hui mais gagnant demain.
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