
Dans le palmarès africain des économies les plus accueillantes pour les entreprises, le Togo confirme son statut de nation réformatrice. Selon le rapport « Business Ready 2025 » (B-Ready) publié fin décembre par la Banque mondiale, qui a remplacé l’ancien classement « Doing Business », le pays occupe une solide quatrième place à l’échelle du continent. Avec un score global de 61,52 points, il se place derrière le Rwanda, le Maroc et Maurice, mais devance des économies majeures et intègre le cercle très fermé des leaders africains. Cette nouvelle évaluation, bâtie sur une méthodologie élargie, s’appuie sur une enquête menée auprès de 58 000 entreprises et 5 000 experts dans 101 économies. Elle ne se limite plus aux seules réglementations mais intègre désormais leur application concrète et leur impact sur le bien-être collectif.
Le cadre B-Ready analyse dix domaines clés du cycle de vie d’une entreprise, de sa création à sa résolution des litiges ou son insolvabilité, à travers trois piliers fondamentaux : la qualité du cadre réglementaire, l’efficacité des services publics et l’expérience opérationnelle des entreprises. L’analyse détaillée révèle les atouts sur lesquels le Togo a bâti son rang. Le pilier « Cadre réglementaire » obtient un score de 66,26 points, témoignant d’un environnement légal favorable. C’est surtout dans le domaine spécifique de la « Création d’entreprise » que le pays excelle, avec un score remarquable de 85,77 points. Ce résultat couronne les réformes persistantes visant à simplifier les procédures d’entrée sur le marché. Les performances sont également notables dans les domaines de l’« Emploi », des « Services financiers » et de l’« Insolvabilité », dessinant un écosystème globalement cohérent.

Toutefois, le classement met aussi en lumière les chantiers prioritaires. Le pilier « Efficacité opérationnelle », qui reflète les délais et coûts réels de la conformité, affiche un score de 57,38 points, indiquant une marge de progression tangible pour alléger le quotidien des entreprises. De même, la « Qualité des services publics » reste à un niveau intermédiaire, et des domaines comme le « Commerce international » et la « Concurrence » apparaissent en retrait, signalant des axes stratégiques pour les prochaines réformes.
La consécration d’une trajectoire réformatrice
Cette reconnaissance par la Banque mondiale n’est pas une surprise, mais la confirmation d’une dynamique. Avant la suspension du Doing Business en 2021, le Togo figurait déjà parmi les économies les plus réformatrices du continent, ayant enregistré une progression notable entre 2018 et 2020. Le classement B-Ready 2025 valide la pertinence et la continuité de ces efforts dans un cadre d’évaluation désormais plus exigeant et holistique. Le rapport souligne, à l’échelle globale, un paradoxe crucial : les économies ayant le plus besoin de créer des emplois pour leur jeunesse sont souvent celles où le climat des affaires reste le plus contraignant. En se maintenant dans le top 5 africain, le Togo semble donc avoir pris un chemin stratégique, cherchant à stimuler la création d’entreprise et l’investissement privé comme leviers essentiels pour l’emploi et la croissance. La route est encore longue pour rattraper les premiers, mais la direction est tracée.












