
C’est une annonce qui, à elle seule, résume les dernières ambitions et les progrès économiques réalisés par le Togo ces dernières années. Mercredi dernier, depuis l’estrade du Forum sur le Partenariat Économique Afrique-Océan Indien, dans le cadre de la 9e Conférence Internationale de Tokyo pour le Développement de l’Afrique (TICAD), le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a annoncé à la surprise générale l’arrivée prochaine du géant japonais de l’automobile, Toyota Tsusho, à Lomé. « L’installation de Toyota, que nous espérons vivement, fera de Lomé un centre de distribution vers toute l’Afrique. C’est un symbole fort », a déclaré le dirigeant togolais, devant un parterre de diplomates, d’investisseurs et de décideurs économiques. Un symbole, oui, mais surtout la concrétisation d’une stratégie de long terme : positionner le petit pays ouest-africain comme une plateforme incontournable pour les échanges et les investissements internationaux.
Derrière cette annonce se cache un précédent travail de fond, patient et méthodique. Le Togo, sous l’impulsion des autorités, a investi massivement ces dernières années dans la modernisation de ses infrastructures portuaires et logistiques et la mise en place d’un climat d’investissement propice. Le port de Lomé, devenu le plus profond de la sous-région, en plus d’accueillir les plus grands navires, sert déjà de hub de transbordement pour les voisins enclavés ou non. De nombreuses mesures incitatives ont été également mises en place pour encourager l’implantation des grandes multinationales. « Cette installation illustre la confiance dans la stabilité et la compétitivité de nos infrastructures », a souligné Faure Gnassingbé. Le message est clair : le Togo ne vend pas du rêve, il offre un écosystème opérationnel, fiable et connecté. Une vitrine de ce que l’Afrique peut proposer aux investisseurs internationaux : des plateformes modernes, attractives et rentables.

Bien plus qu’une usine : une vision économique
Mais l’ambition va bien au-delà de la simple implantation d’un centre de distribution. Le président du conseil l’a martelé : « Nous voulons transformer nos ressources, produire localement et faire de notre jeunesse des acteurs de la production, pas seulement de la consommation ». L’arrivée de Toyota Tsusho n’est donc pas perçue comme une fin en soi, mais comme le point de départ d’une dynamique industrielle plus large. Le groupe japonais est reconnu pour ses standards exigeants en matière de formation et de transfert de compétences. Son implantation devrait s’accompagner de programmes de formation techniques pointus, visant à créer une main-d’œuvre qualifiée localement, capable de répondre aux besoins non seulement du groupe japonais, mais aussi de tout un écosystème de sous-traitance qui ne manquera pas de se développer.
Cette annonce est aussi le fruit d’une diplomatie économique résolument tournée vers l’Asie. La participation active du Togo à la TICAD depuis des années, et les relations bilatérales solides entre Lomé et Tokyo, portent aujourd’hui leurs fruits. Selon les chiffres du ministère japonais des Affaires étrangères, les échanges commerciaux entre le pays du soleil Levant et le Togo se sont établis en 2023 à 2,27 milliards de yens d’exportations togolaises (notamment le sésame et les métaux non ferreux) contre 3,12 milliards de yens d’importations japonaises (fibres et machines). Le choix du Togo donc par Toyota envoie un signal fort aux autres investisseurs japonais et asiatiques, souvent prudents mais en quête de nouvelles terres de stabilité et de croissance. En s’appuyant sur sa position géostratégique et la connectivité offerte par l’océan Indien, le Togo construit patiemment son récit : celui d’un carrefour où se croisent les flux, les compétences et les ambitions. « Pour nous, ce n’est pas seulement un investissement, c’est la confirmation que l’Afrique peut offrir aux investisseurs internationaux des plateformes modernes, fiables et attractives », a conclu Faure Gnassingbé













