
Corriger la carte ne suffit pas, encore faut-il que chacun puisse la lire. Pour donner un prolongement concret au vote de l’ONU, le ministère togolais des Affaires étrangères a lancé, lundi 19 octobre 2026, un appel à candidatures. Les traducteurs recrutés devront adapter la projection Equal Earth aux langues africaines. Cette initiative découle de l’adoption récente de la résolution « Corriger la carte ».
Le 4 septembre 2026, l’Assemblée générale des Nations unies à l’initiative de Lomé au nom du Groupe africain, le texte a recueilli 164 voix pour, une seule contre et six abstentions. Il encourage désormais les gouvernements, les écoles et les médias à délaisser les projections qui déforment la taille réelle de l’Afrique.
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Pour le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, la bataille onusienne n’était que la première manche. Il l’avait déjà souligné en 2022, lors de la 77e Assemblée générale de l’ONU que les populations africaines parlent, apprennent et transmettent avant tout dans leurs langues locales. Une carte corrigée qui n’existerait qu’en anglais ou en français resterait donc une demi-victoire. Traduire ces données est la condition sine qua non pour qu’elles circulent réellement.
Les équipes retenues n’auront donc pas un simple travail de copie. Elles devront traduire l’ensemble des toponymes, qu’il s’agisse des continents, des océans, des pays ou des grandes villes. La légende et le titre de la carte sont également concernés. Mieux, le ministère exige une courte notice pédagogique expliquant pourquoi cette projection respecte les tailles réelles, ainsi qu’un glossaire de deux pages pour justifier les choix orthographiques et de transcription.
Ouvert aux diasporas et aux langues locales
L’appel se veut le plus large possible. Il cible les traducteurs professionnels, les linguistes, les universitaires, mais aussi les associations culturelles et la société civile. Les membres de la diaspora maîtrisant une langue à un niveau professionnel sont explicitement invités à postuler. La liste des idiomes visés est immense : haoussa, yoruba, igbo, amharique, wolof, lingala, zoulou, malgache, éwé, kabyè, bambara ou encore somali. L’appel reste ouvert à d’autres langues, sachant qu’une traduction en kiswahili est déjà en cours.
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Le calendrier est serré. Les dossiers doivent être envoyés par voie électronique au plus tard le 30 décembre 2026. Un comité se penchera ensuite sur les candidatures, avec une grille d’évaluation très précise. Selon les critères, la maîtrise de la langue pèsera pour 65 %, l’expérience en traduction pour 20 % et l’ancrage auprès des communautés pour 15 %. Les noms des équipes seront dévoilés le 15 janvier 2027, pour une remise des travaux prévue fin février.
Les traducteurs retenus recevront une rémunération forfaitaire par langue, dont le montant n’a pas été communiqué. Surtout, les versions de la carte seront publiées sous licence ouverte. Elles seront mises gratuitement à la disposition des écoles, des médias, des administrations et des plateformes numériques. La présentation publique de ces cartes traduites est attendue pour la fin du second semestre 2027. Le Togo espère ainsi transformer un vote onusien en un outil concret, capable de changer le regard des jeunes générations sur leur propre continent.



