Porté hier mercredi à la tête du Sénat, Barry Moussa Barqué n’a pas fait dans la demi-mesure. Dès son entrée en scène, le nouveau président a hissé son allocution à la hauteur des attentes, mêlant gravité républicaine et envolées lyriques. Devant une assemblée attentive, il a planté le décor sans détour : « Me voici devant vous, investi d’une mission qui transcende ma personne, celle de servir avec humilité, responsabilité et détermination, notre Togo bien-aimé. » Des mots sobres, mais très lourds de sens, et qui donnent le ton d’un mandat placé sous le signe du service plus que de l’ego.
Il a dès lors tenu à exprimer sa reconnaissance au Président de la République, Faure Gnassingbé dont le leadership et la volonté ont été très déterminants dans la mise en place de cette institution importante du régime parlementaire. Et la métaphore bien filée en dit long : « Sa vision n’est pas simplement une direction politique. Elle est l’étoile du Nord qui nous oriente dans les nuits parfois tumultueuses de notre histoire. » C’est en cela qu’il a laissé comprendre lors de cette première prise de parole que le Sénat ne sera pas une chambre d’enregistrement, mais un « pilier solide », à condition, bien sûr, que ses travaux épousent les « nobles aspirations du Président de la République pour le bonheur du peuple ». « Je m’engage à conduire nos débats dans le respect du règlement intérieur, tout le règlement intérieur et rien que le règlement intérieur que nous nous sommes donnés », a-t-il souligné annonçant une présidence impartiale et équilibrée.

Lors de ce discours, il n’a pas manqué d’évoquer la révision constitutionnelle du 6 mai 2024, élevée au rang d’acte fondateur du nouveau régime. Pour lui, son importance pour la démocratie togolaise est sans équivoque. « Une promesse de renouveau, de dialogue et de lumière », clame-t-il, balayant ainsi du revers de la main toutes les polémiques qui l’ont accompagnée. Autrement dit, la démocratie togolaise s’écrit au présent… mais se lit au futur antérieur. Il appellera ainsi dans un lyrisme volontariste chacun des sénateurs à une union sacrée : « Que cette flamme nouvelle jamais ne chancelle et qu’elle illumine à jamais notre chemin collectif ». Beau programme. Reste à savoir si l’opposition, singulièrement absente du récit, s’y reconnaîtra. Une chose est sûre : Barry Moussa Barqué maîtrise l’art des mots.



















