Le gouvernement togolais a annoncé, mardi 29 avril, des perturbations temporaires dans l’accès à Internet et aux services numériques publics. Cette situation découle d’une coupure d’électricité majeure survenue au Portugal et en Espagne, ayant affecté des centres de données européens critiques pour la connectivité africaine. Ces infrastructures abritent les points d’atterrissement de câbles sous-marins comme le SAT-3, le WACS et l’ACE, essentiels pour le trafic internet de l’Afrique de l’Ouest. Le Togo, dépendant à 90 % de ces câbles, redoute des interruptions dans ses services administratifs en ligne, ses transactions bancaires et ses communications. Les autorités ont activé des cellules de crise techniques pour atténuer l’impact, tout en reconnaissant l’impossibilité de contourner entièrement cette dépendance structurelle. Le pays, comme ses voisins, reste tributaire de ces liaisons sous-marines contrôlées depuis l’Europe.

Internet Society Togo réagissant à l’alerte des pouvoirs publics, a appelé à des mesures urgentes pour diversifier les modes de connexion. L’ONG préconise le développement de solutions satellitaires, via des licences à bas coût, et la mutualisation des infrastructures régionales. Elle alerte sur les risques géopolitiques et techniques d’une connexion africaine trop centralisée sur des câbles étrangers. En Europe, l’incident a provoqué des dysfonctionnements majeurs : réseaux mobiles coupés, services hospitaliers perturbés et pertes économiques estimées à plusieurs millions d’euros. Ces répercussions illustrent la fragilité d’un système mondialisé où un incident local peut engendrer une crise internationale.
Au-delà des solutions techniques, cet épisode relance le débat sur la souveraineté numérique africaine. Les États du continent, dont le Togo, sont encouragés à investir dans des alternatives autonomes, comme le spatial ou les data centers locaux, pour réduire leur vulnérabilité face aux chocs externes. Si les perturbations actuelles devraient rester temporaires, elles soulignent l’urgence de repenser l’architecture numérique africaine. Alors que 97 % du trafic internet du continent transite par des câbles sous-marins gérés par des acteurs étrangers, la diversification des infrastructures s’impose comme un enjeu de sécurité nationale et économique.














