
Pour la première fois sous la Ve République, le projet de loi de finances sera conjointement étudié par l’Assemblée nationale et le Sénat, marquant une étape historique dans la vie parlementaire du pays. C’est dans ce contexte inédit de bicaméralisme égalitaire, que les travaux en commission ont été ouverts hier lundi, posant ainsi les bases d’un débat budgétaire exigeant et représentatif. Présidée par le Professeur Komi Selom Klassou, la séance a réuni le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, le ministre de l’Economie et de la veille stratégique Badanam Patoki et plusieurs membres du gouvernement. Dans son discours, le Président de l’Assemblée nationale a souligné la « responsabilité particulière » qui incombe désormais aux députés, premiers saisis, et appelé à un examen « rigoureux et approfondi » du texte avant sa transmission au Sénat.

Ce budget, équilibré à 2 740,5 milliards de FCFA, en hausse de 14,4 % par rapport à 2025, s’inscrit dans un cadre macroéconomique jugé résilient. Malgré un contexte international volatile, le Togo affiche une croissance du PIB réel attendue à 6,5 % en 2026, un solde budgétaire maintenu à l’équilibre cible de 3 % et une inflation maîtrisée sous la barre des 3 % alors que dans l’espace CEDEAO elle oscille entre 18% et 22% sur la période 2023-2026. Des performances attribuées par les autorités aux réformes structurelles menées sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Gnassingbé. Trois priorités majeures sous-tendent ce projet de loi de finances selon Essowé Georges Barcola, le ministre des Finances et du budget : la mobilisation accrue des ressources internes, la rationalisation des dépenses de fonctionnement avec un ajustement envisagé de 20 à 30 %, et l’achèvement des projets engagés dans le cadre de la feuille de route gouvernementale. Le budget 2026 se veut ainsi un budget de « transition », concentré sur la finalisation des chantiers en cours plutôt que sur le lancement de nouveaux programmes.

Au-delà des équilibres financiers, l’exécutif met en avant une forte orientation sociale, avec plus de 48 % des dépenses consacrées aux secteurs prioritaires que sont l’éducation, la santé, l’agriculture, l’emploi des jeunes, les infrastructures et la sécurité. Une allocation qui traduit la volonté affichée de répondre aux « besoins pressants des populations » tout en consolidant la résilience économique. Alors que les parlementaires entament cet examen minutieux, c’est bien plus qu’un simple exercice comptable qui s’engage : il s’agit de traduire dans les chiffres la vision d’un « Togo résilient, solidaire et tourné vers l’avenir ». Dans un esprit de dialogue et de responsabilité, le gouvernement et le Parlement ont désormais la lourde tâche de concilier rigueur budgétaire et aspirations sociales, sous le regard attentif des citoyens.















