
Les dernières statistiques du Conseil national du crédit (CNC) révèlent une nette accélération du financement bancaire de l’économie togolaise en 2024. Les crédits accordés aux opérateurs économiques ont atteint 966 milliards FCFA, enregistrant ainsi une croissance remarquable de 18% par rapport à 2023 (793 milliards FCFA). Cette performance s’explique principalement par la baisse de 40 points de base des taux d’intérêt moyens, désormais à 8,1%, l’amélioration continue de la qualité des portefeuilles, avec un taux de dégradation ramené à 7% (contre 8% en 2023) et le dynamisme des secteurs clés de l’économie nécessitant des financements importants.
Des performances contrastées selon les segments
Des résultats salués par Le ministre de l’Économie, Georges Barcola qui appelle à poursuivre les efforts : « Ces chiffres encourageants témoignent de la vitalité de notre système financier. Nous devons maintenant concentrer nos actions sur un meilleur accompagnement des TPME, véritables leviers de notre croissance économique ». De l’analyse sectorielle de ces chiffres, il en ressort que les crédits octroyés par les institutions de microfinance ont connu une égère baisse 1% en s’établissant à 302 milliards de FCFA contre 305 milliards en 2023. En revanche, les financements par affacturage ont progressé avec un encours en hausse de 19% atteigant 34 milliards FCFA. Il en est de même pour le crédit-bail qui a connu un doublement des encours passant de 30 à 60 milliards FCFA en un an.

Perspectives 2025 : cap vers les 1 000 milliards ?
Par ailleurs, l’amélioration de la qualité du portefeuille de crédits des banques s’est confirmée, avec un taux brut de dégradation ramené à 7 % à la fin de l’année 2024, contre 8 % un an plus tôt. Une évolution qui selon le Conseil national du crédit, est en grande partie attribuable à la baisse des taux d’intérêt appliqués aux crédits destinés aux entreprises. Le taux moyen appliqué a en effet reculé de 40 points de base, s’établissant à 8,1 %. Et déjà, certains experts financiers contactés par notre rédaction anticipent une poursuite de cette tendance haussière, sous réserve du maintien de la stabilité macroéconomique d’une meilleure inclusion des très petites entreprises et de la diversification des instruments de financement. « La barre des 1 000 milliards FCFA pourrait être franchie dès 2025 si les conditions actuelles se maintiennent, estime un analyste bancaire. Cette dynamique créditrice place le Togo parmi les économies ouest-africaines les plus résilientes en matière de financement des entreprises, même si des efforts restent à faire pour améliorer l’accès au crédit des plus petites structures », a dit l’un d’entre eux.



