Données satellitaires : Le Togo s’appuie sur le Kirghizistan pour observer son agriculture et ses ressources
Le Togo va exploiter des données satellitaires kirghizes pour surveiller son agriculture et ses ressources naturelles. Un communiqué du ministère de l’Efficacité du Service Public et de la Transformation Numérique annonce la conclusion d’une coopération spatiale entre Lomé et Bichkek, officialisée jeudi 1er octobre dernier, à l’occasion du lancement du premier satellite national kirghiz. L’accord prévoit un transfert de données, de technologies et de compétences vers le Togo.
L’engin a été développé et assemblé au Kirghizistan par la société publique Kyrgyz Asman. Il produit des images d’observation de la Terre aux usages multiples. Ces données permettent de suivre les cultures et les pâturages, de repérer les signes de sécheresse ou d’estimer les rendements agricoles. Elles servent aussi à observer les ressources en eau, les forêts et certains effets des catastrophes naturelles.
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Dans un premier temps, le Kirghizistan transmettra ces informations au Togo. Il formera également des personnels locaux à leur exploitation. Lomé prévoit de les mobiliser pour le suivi agricole, l’exploration de minéraux stratégiques et le développement des énergies renouvelables. Le pays accède ainsi à des données d’observation de la Terre sans avoir à disposer immédiatement de son propre satellite.
Cette orientation prolonge des initiatives déjà engagées. Depuis septembre, un projet soutenu par le PNUD et le Japon mobilise des données satellitaires et l’intelligence artificielle. Il vise à suivre les cultures et à anticiper les risques climatiques dans la région des Savanes. L’expérimentation couvre une zone de 1 000 km² dans les préfectures de Cinkassé et de Tône. L’exploitation des données spatiales gagne du terrain dans les politiques agricoles et environnementales africaines, et le Togo figure parmi les pays qui avancent sur ce terrain.
« La technologie spatiale n’est pas une fin en soi »
Pour Cina Lawson, ministre togolaise de l’Efficacité de la fonction publique et de la Transformation numérique, l’intérêt du partenariat tient aux applications concrètes. « Pour nous, la technologie spatiale n’est pas une fin en soi. Sa valeur réside dans ce qu’elle peut apporter à notre population et à notre économie », a-t-elle déclaré, citant l’agriculture, la gestion des ressources naturelles et le développement des énergies propres.
Le partenariat ouvre par ailleurs une perspective plus large. Les deux pays envisagent de développer leurs échanges dans le domaine spatial. Ils étudient notamment la possibilité de lancer conjointement de futurs engins. Ce rapprochement entre Lomé et Bichkek intervient un mois après le voyage de Faure Gnassingbé au Kirghizistan. Reste à mesurer les retombées concrètes de cette coopération sur le terrain.



