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Suspension RFI et France 24 : vers une levée imminente dix mois après ?

Dix mois. C’est le temps écoulé depuis la suspension officielle, en juin 2025, de Radio France Internationale (RFI) et de France 24 au Togo. Une suspension formellement arrivée à expiration en septembre 2025, mais qui, dans les faits, n’a jamais été levée. Les deux médias du groupe France Médias Monde restent inaudibles sur le territoire togolais. En visite à Lomé ce jeudi 23 avril, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a remis le sujet sur la table. « J’ai plaidé pour que cette suspension soit levée au plus vite. C’est dans l’intérêt de toutes les parties », a-t-il déclaré à l’AFP, se disant porteur d’un « bon espoir » d’obtenir gain de cause.

L’affaire remonte à juin 2025, en pleine controverse autour de la réforme constitutionnelle portée par Faure Gnassingbé. La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) avait alors accusé RFI et France 24 d’avoir dérogé aux règles professionnelles. « Plusieurs émissions récentes ont relayé des propos inexacts, tendancieux, voire contraires aux faits établis, portant atteinte à la stabilité des institutions républicaines et à l’image du pays », avait indiqué l’instance de régulation des médias. La suspension, alors initialement prononcée pour trois mois, aurait dû prendre fin en septembre 2025. Mais depuis, le dossier est resté en l’état. Aucune autorisation de reprise d’émettre n’a été délivrée, maintenant les deux médias dans un silence forcé sur le territoire togolais.

Un litige qui contraste avec la densité des relations

Ce différend médiatique n’a toutefois pas empêché Jean-Noël Barrot de vanter les liens « extrêmement denses » entre Paris et Lomé, assurant que le Président Emmanuel Macron et Faure Gnassingbé étaient en « contact régulier ». Le ministre a également mis en avant les relations entre la France et l’Afrique « en matière d’investissement, d’échanges commerciaux, de soutien à l’Union africaine » ou encore à travers « les étudiants des pays africains qui sont accueillis dans nos universités ». Sur le plan sécuritaire, les deux capitales partagent les mêmes préoccupations. « La détérioration de la situation sur le plan sécuritaire au Sahel, la poussée du terrorisme, est une préoccupation que nous avons en commun avec les pays de la région », a soutenu le chef de la diplomatie française.

Reste que le dossier RFI-France 24, lui, demeure en suspens. Et que le « bon espoir » affiché par Jean-Noël Barrot devra désormais se confronter à la réalité d’une décision qui, dix mois après, n’a toujours pas été révisée.

(avec AFP)

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