Sahel, Grands Lacs, Moyen-Orient, Africa Forward… une visite historique pour Jean-Noël Barrot à Lomé.
C’est une première depuis plus de vingt ans pour un ministre des Affaires étrangères français. Jean-Noël Barrot l’a fait ce jeudi 23 avril 2026. Face à lui, Faure Gnassingbé, rompu à l’exercice de la diplomatie de l’entre-deux, a déroulé le fil d’une relation bilatérale qu’il veut équilibrée : ni exclusive, ni distante. « J’ai eu l’honneur d’être reçu par Son Excellence Monsieur le Président Faure Essozimna Gnassingbé, qui m’a réservé un accueil chaleureux », a confié le chef de la diplomatie française à l’issue de l’audience. Avant d’ajouter, comme pour signifier que cette visite avait tout d’un passage rituel : « Nous avons abordé la diversité, la densité et l’ancienneté des relations de coopération bilatérale et l’impulsion que le Président Emmanuel Macron et le Président Faure Essozimna Gnassingbé veulent donner à cette relation. »

Le message est clair : Paris et Lomé veulent passer à la vitesse supérieure. Et le moment est bien choisi. Dans une sous-région où l’influence française s’est étiolée, le Togo demeure un partenaire stable, un point d’ancrage que la France entend préserver. « Je me réjouis de cette visite qui marque l’ambition donnée par les deux Présidents à la relation entre la France et le Togo », a insisté Jean-Noël Barrot. Au-delà du tête-à-tête protocolaire, les deux hommes ont passé en revue les dossiers qui comptent. Le Sahel, d’abord, où le Togo joue depuis plusieurs années une carte discrète mais efficace de pont entre l’AES et le reste du monde. Et ensuite la région des Grands Lacs. « Le Togo, sous l’autorité du Président Faure Essozimna Gnassingbé, mène une médiation très importante dans la région des Grands Lacs, sujet que nous avons également abordé, tout comme la situation au Sahel, qui suscite de vives préoccupations et où le rôle du Togo demeure particulièrement déterminant », a reconnu le ministre français.
Le Moyen-Orient s’est également invité dans les discussions. « Nous avons évoqué la situation en Iran, au Proche et au Moyen-Orient, et les conséquences qui sont vivement ressenties au Togo comme en France », a précisé Jean-Noël Barrot, réaffirmant au passage l’engagement de Paris à promouvoir les efforts conjoints en faveur de la paix. La visite a aussi permis de poser les jalons du prochain sommet Africa Forward, qui se tiendra les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi. Un rendez-vous auquel le Togo est convié en bonne place. « Ce déplacement est aussi une manière de nous projeter vers le sommet Africa Forward, une rencontre internationale au cours de laquelle le Togo jouera un rôle important », a souligné le chef de la diplomatie française.

Durant son séjour, Jean-Noël Barrot doit se rendre sur plusieurs sites économiques et sociaux réalisés dans le cadre de la coopération franco-togolaise. L’Agence française de développement et le Service de coopération et d’action culturelle, chevilles ouvrières de ce partenariat, illustrent une relation qui dépasse les salons diplomatiques. Cette première visite, au-delà des mots, confirme une réalité : le Togo, sous la houlette de Faure Gnassingbé, est devenu un interlocuteur que Paris ne peut plus se permettre de contourner.



