Économies

Conférence Risque Pays Togo : Financement des PME, entrepreneuriat féminin et industrialisation au cœur des débats

La première édition de la Conférence Risque Pays Togo n’a pas seulement livré une note et un diagnostic. Elle a aussi offert une plateforme de débats nourris sur les leviers de la croissance togolaise.

Quatre panels thématiques ont rythmé la rencontre du 2 avril à Lomé, réunissant acteurs publics, privés et experts internationaux. Au menu : financement des PME, entrepreneuriat féminin, politique d’industrialisation et économie maritime, sans oublier une keynote dédiée au financement des États de l’UEMOA par le marché. Premier constat, sans appel, livré par les dirigeants bancaires : la liquidité existe, mais les porteurs de projets fiables manquent. « Nous cherchons à prêter jusqu’à 43 millions au sein de notre banque, mais nous n’en trouvons pas », a révélé Guy Martial Awona, DG d’Orabank Togo, tandis que Robert Diallo, DG d’IB Bank, appelait à mieux comprendre le fonctionnement des PME pour leur accorder des crédits adaptés. Sur l’entrepreneuriat féminin, la ministre Mazamesso Assih a affirmé agir sur « les perceptions sociétales pour plus d’inclusion », pendant que Jean Marcel Niankoun, représentant de l’IFC, annonçait que 15 % des 30 millions de dollars de prêts aux banques commerciales sont réservés aux femmes cheffes d’entreprises. Martina Gaël Egbidi, PDG de SOLIMI, a quant à elle plaidé pour ne pas « réinventer des solutions » mais plutôt faire confiance à celles déjà éprouvées.

Côté industrialisation, Emir Sanoh, directeur pays de NEEMBA, a posé les bases : « L’industrialisation repose sur des infrastructures solides, une énergie fiable, des financements adaptés et des compétences locales. » Le ministre Arthur Trimua a proposé une approche originale pour contrer la fuite des cerveaux : « Créons une industrie d’exportation des talents. » Par ailleurs, Oulimata Ndiaye Diassé, DG d’UMOA-Titres, a appelé à élargir la base d’investisseurs sur le marché régional, encore trop dominé par les banques et peu adapté aux investissements de long terme. La notation financière du Togo en monnaie locale, BBB- à long terme, perspective stable, confirme un investissement à risque modéré.

Enfin, le dernier panel a été consacré à l’économie maritime, avec quatre piliers énoncés : compétitivité du Port autonome de Lomé, modernisation de l’administration maritime, pêche et aquaculture, et économie bleue. Le professeur Mawuli Codjovi Couchoro, représentant le président de l’Université de Lomé, a tenu à rappeler que « le pic d’instabilité sociale connu au Togo a été enregistré dans les années 90 », relativisant les tensions actuelles. Stanislas Zézé, PDG du groupe Bloomfield, a conclu en insistant sur l’importance de la recherche et du développement : « Investir dans la R&D permet d’anticiper, de mitiger et de suivre les risques liés aux aléas climatiques. » Une journée riche en enseignements pour mieux cerner les forces et fragilités du Togo.

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