
Les utilisateurs de monnaie électronique disposeront bientôt de plus de marge. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a adopté, le 8 octobre 2026, l’Instruction n°20 qui relève les plafonds applicables dans l’Union monétaire ouest-africaine. Le texte, qui modifie l’Instruction n°008-05 du 21 mai 2015 régissant les conditions et modalités d’exercice des activités des émetteurs de monnaie électronique (EME) dans l’UMOA entre en vigueur le 2 novembre 2026. Il s’accompagne de nouvelles exigences en matière de liquidité.
La principale évolution concerne les montants que les clients peuvent détenir. Le solde maximal auprès d’un même émetteur passe de 2 à 4 millions de FCFA. Le plafond mensuel cumulé des rechargements grimpe parallèlement de 10 à 15 millions de FCFA. Ces nouveaux seuils élargissent les capacités d’utilisation des comptes, notamment pour les usagers dont les opérations dépassaient les limites précédentes.
Lire aussi : Le Togo affiche 69 % de mise en œuvre des réformes communautaires en 2025
Des dépassements restent possibles, mais sous conditions. Ils nécessitent une autorisation préalable de la BCEAO. Les établissements demandeurs devront justifier leur requête, préciser la durée et le montant de la dérogation sollicitée, et présenter les mesures de contrôle renforcées qu’ils entendent appliquer.
La réforme ne se limite pas aux plafonds. Elle précise les conditions de placement des actifs de contrepartie, ces fonds qui garantissent les avoirs des utilisateurs. Ces actifs peuvent être conservés sous forme de dépôts à vue, de dépôts à terme ou de certains titres de créance autorisés. La BCEAO impose désormais un seuil : les dépôts à vue doivent représenter au moins 65 % du total des actifs de contrepartie. Une manière de maintenir un niveau de liquidité suffisant pour répondre aux demandes de remboursement.
La liquidité des émetteurs davantage encadrée
Le texte précise également son champ d’application. Les nouveaux plafonds ne concernent ni les distributeurs ni les accepteurs de monnaie électronique agissant à titre professionnel. Ces acteurs conservent donc leurs règles propres. La nouvelle instruction remplace les articles 31 et 34 du texte de 2015, dont elle actualise les dispositions. Elle traduit une volonté de la BCEAO d’adapter son dispositif à l’évolution des usages de la monnaie électronique dans l’Union. Le relèvement des plafonds offre davantage de marge aux utilisateurs et aux opérateurs. L’exigence sur les dépôts à vue renforce, elle, les garanties de liquidité.
Lire aussi : La nouvelle offre d’Ohana Africa avec Ecobank pour l’épargne familiale



