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Chine-Togo : à Pékin, Li Qiang et Faure Gnassingbé actent une coopération renforcée et des « résultats concrets ».

Au terme d'une visite officielle d'une semaine, Faure Gnassingbé et Li Qiang ont scellé hier jeudi 15 octobre, un rapprochement qui dépasse largement le protocole.

C’est dans le décorum du Grand Palais du Peuple, à Pékin, que le Président du Conseil togolais a été reçu hier jeudi 15 octobre 2026, par le Premier ministre chinois Li Qiang. Honneurs militaires, puis tête-à-tête : la séquence était soigneusement réglée. Elle a surtout permis de parapher une déclaration conjointe de neuf pages, qui érige la relation sino-togolaise au rang de « communauté d’avenir partagé Chine-Togo à l’ère nouvelle ». Invité par Pékin, Faure Gnassingbé séjournait en Chine du 9 au 16 octobre. Il y a également été reçu par Xi Jinping et s’est entretenu avec Zhao Leji, président du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale.

Le texte, rédigé dans le registre convenu de la diplomatie chinoise, est riche en compliments réciproques. Lomé y salue l’expérience de la modernisation « à la chinoise », qui constitue selon le document « une source d’inspiration utile pour le Togo et les autres pays du Sud global dans leur exploration en toute indépendance de la voie de développement ». Pékin, de son côté, loue la « croissance économique soutenue » du Togo, son maintien de la stabilité sociale et son rôle actif dans les affaires régionales.

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Le soutien chinois va plus loin que les civilités. La Chine félicite expressément le Togo pour la réforme constitutionnelle du 6 mai 2024, qui a ouvert l’ère de la Ve République, et promet de l’accompagner dans la mise en œuvre de sa nouvelle feuille de route gouvernementale 2026-2031, sous la bannière « Protéger, Rassembler, Transformer ». Pour un pouvoir dont le changement institutionnel a suscité de vives critiques à l’intérieur comme à l’extérieur, cette validation d’une puissance du Conseil de sécurité n’a rien d’anodin.

Taïwan, Xinjiang, droits de l’homme : les contreparties de Lomé

L’amitié a un prix politique. Le Togo réaffirme son attachement au principe d’une seule Chine, s’oppose « fermement » à l’indépendance de Taïwan et apporte son soutien à la position de Pékin sur Hong Kong, le Xinjiang, le Xizang (Tibet) et la mer de Chine méridionale. Les deux capitales dénoncent aussi la « politisation des droits de l’homme » érigée en « prétexte d’ingérence dans les affaires intérieures des États ». Une formule qui trouvera un écho certain dans une partie de la classe politique togolaise, comme chez les défenseurs des libertés, mais pour des raisons opposées.

Lomé s’aligne en outre sur les quatre grandes initiatives de Xi Jinping (développement, sécurité, civilisation et gouvernance mondiales) et adhère à plusieurs structures chinoises, dont l’Organisation internationale pour la médiation et l’Organisation mondiale de la coopération en matière d’IA. Les deux pays y affichent leur opposition à « toute forme d’hégémonisme » et à l’unilatéralisme.Sur le terrain économique, la déclaration est plus concrète. Pékin invite le Togo à profiter de la mesure de droits de douane zéro appliquée aux pays africains qui entretiennent des relations diplomatiques avec elle, notamment pour ses exportations agricoles. Un protocole sur les exigences de quarantaine végétale ouvre par ailleurs le marché chinois au soja togolais. La Chine s’engage aussi à explorer une coopération approfondie sur les infrastructures portuaires et la logistique, afin d’aider Lomé à devenir « une porte d’entrée importante et un hub commercial de l’Afrique de l’Ouest ». Autre fait marquant, le Togo se dit prêt à accueillir des institutions financières chinoises.

Le volet sécuritaire est tout aussi notable. Un mémorandum d’entente a été signé dans le cadre de l’Initiative pour la sécurité mondiale, et les armées comme les polices des deux pays entendent renforcer leurs échanges en matière de formation, d’équipements et de technologies, avec à la clé des « manœuvres conjointes » et des entraînements communs. Pékin salue au passage le rôle de médiateur de l’Union africaine joué par Faure Gnassingbé dans la crise des Grands Lacs, ainsi que la création de l’Alliance politique africaine, issue du 9e Congrès panafricain organisé à Lomé en décembre 2025.

Des « résultats concrets » attendus

Santé, climat, bourses d’études, Institut Confucius de l’Université de Lomé…la liste des domaines de coopération est longue. Les deux parties conviennent que cette « nouvelle étape » devra se traduire « par des résultats concrets et mutuellement bénéfiques ». Du côté togolais, la déclaration précise ce qui est attendu : des investissements chinois qui contribuent à la « transformation locale », au « transfert de technologies » et à la « création des emplois ».

Dans l’entourage du chef de l’exécutif, Faure Gnassingbé on parle d’un « franc succès » aux retombées politiques, économiques, agricoles, technologiques, logistiques et sociales. Le texte fixe un cadre. Sa portée dépendra de sa mise en œuvre et du suivi des deux parties.

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